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 Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah

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Cordelia
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MessageSujet: Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah   Mar 21 Mai - 18:01

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Année d’éditions: 2010
Editions : Le Livre de Poche
Nombres de pages: 416

Prix – Amazon: 6,74 €
Format poche

Quatrième de couverture :
Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit.
Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste
américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah,
et sa vie va changer à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages
les plus sombres de l'Occupation.
Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire, qui connaît un succès international, avec des traductions dans trente-quatre pays.

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Sayou

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MessageSujet: Re: Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah   Mer 22 Mai - 13:48

Je ne le mets pas dans mes coups de coeur mais par contre il m'a balancé un sacré coup au coeur.

Voilà une histoire difficile sur la rafle du Vélodrome d'Hiver, fait réel, sublimement écrite par Tatiana de Rosnay. Quelle élégance pour un sujet si douloureux !

J'ai beaucoup aimé la "double chronologie" sur une partie du livre. De chapitre en chapitre on bascule de 1942, Sarah petit fille juive de 11 ans ; à 2002, Julia journaliste américaine qui va se lancer dans des recherches sur cette rafle.
On se rend compte que ces 2 personnages se ressemblent énormément de part leur courage et leur détermination.
Puis la chronologie revient au temps de Julia en 2002, là c'est un peu plus lent mais on ne s'ennuie pas pour autant.

Une période de 60 ans les sépare et pourtant Sarah et Julia ont un incontestable point commun : une destinée bousculée.
Un vrai suspens s'installe au fil des pages, que s'est-il passé dans cet appartement ? Qu'est devenu le petit frère de Sarah ?

Julia, d'origine américaine parle des us et coutumes des français, certaines plus ou moins étonnantes à ses yeux, et le lecteur français s'y retrouvera ! Un peu de légèreté dans le texte Smile
Le fait qu'elle ne soit pas française donne davantage de recul et d'impartialité au roman. Fin stratagème de Tatiana de Rosnay.

Le sujet de fond fait mal, est extrêmement douloureux mais les chapitres courts et rythmés, l'écriture simple de l'auteure ne sombrent jamais dans l'apitoiement ni la pitié. L'écriture est même agréable (si j'ose dire), le récit se fait en retenu tout en étant chargé d'émotions.

Pour finir et bien voici un joli roman qui appelle au devoir de mémoire, sans lourdeur ni lamentation. Roman très documenté (l'auteure donne toutes les références des ouvrages qu'elle a parcouru pour écrire cette histoire), roman puissant qui n'écrase jamais le lecteur.

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*** Jeune femme parfaite (...ment) fantaisiste ***

"Il n’y a que dans les livres qu’on peut changer de vie. Que l’on peut tout effacer d’un mot. Faire disparaître le poids des choses. Gommer les vilenies et au bout d’une phrase, se retrouver soudain au bout du monde."

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Mélusine

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MessageSujet: Re: Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah   Lun 9 Déc - 7:43

Une journaliste américaine, Julia, installée depuis quelques années à Paris avec son mari français, se voit confier par le journal pour lequel elle travaille la rédaction d’un article sur la rafle du Vel d’Hiv. Le sujet l’intrigue, tout d’abord parce que lorsqu’elle en parle, elle se rend compte que bien peu de Français connaissent cet épisode de leur histoire. Mais surtout, elle se rend compte aussi que l’appartement de la grand-mère de son mari dans lequel elle doit emménager maintenant que la vieille dame est en maison de retraite, a justement échu à cette famille après la déportation des gens qui vivaient là. Elle décide donc de suivre ce fil. Elle découvre que dans cette maison précisément, un drame s’est vécu autour d’une courageuse petite fille, Sarah.
J’ai beaucoup entendu parler de cette histoire, car le livre a fait beaucoup de bruit à sa sortie et plus encore lors du film qui en a été tiré. Je vous le dis tout net: voici le genre de livre qui m’agace, mais vraiment. Non pas par le talent de l’auteur: l’histoire est extrêmement bien ficelée et Tatiana de Rosnay a très bien compris comment embarquer un lecteur efficacement. L’intrigue alterne l’histoire de Sarah, à savoir une rafle violente et révoltante vécue à hauteur d’enfant, avec toutes les images que l’on connaît de cruauté, de déshumanisation, de saleté, et l’histoire de Julia qui bien plus tard cherche à savoir ce qu’est devenue cette Sarah. Au milieu du roman, bien sûr, l’histoire de Sarah s’arrête pour qu’on puisse découvrir au même rythme que Julia les clés de cette douloureuse enquête.
De plus, les personnages sont soigneusement construits pour émouvoir au maximum le lecteur. Vous voulez tirer des pleurs d’indignation, envoyez les enfants. Ici, non seulement la petite fille est forcée de poser ses yeux sur des horreurs qui ne sont pas de son âge, mais en plus elle se comporte comme une petite maman dont le seul objectif est de sauver son petit frère. Et si vous n’aviez pas encore assez d’horreurs infantiles à vous mettre sous le mouchoir, on apprend assez vite que Julia est elle-même enceinte et se pose la question de garder ou pas ce bébé contre la volonté de son mari. J’en parle avec une certaine ironie, car pour moi, trop de pathos tue le pathos, mais je sais qu’il s’agit là d’une force du roman qui a bouleversé nombre de lecteur et même si je ne suis pas du nombre, je dois admettre que c’est assez bien fichu.
Là où, par contre, je ne ferai aucune concession, c’est sur le message du roman et notamment sur l’image des Français face à leur histoire. Je m’explique: dans tout le roman, on raconte comment il s’agit bien de la police française, et non des nazis, qui a orchestré la rafle et la déportation des hommes, femmes et enfants qui s’y trouvaient. On montre également comment les Parisiens ont choisi de fermer les yeux et de récupérer ainsi les maisons laissées libres sans se soucier du retour potentiel des habitants. On répète également à quel point il est révoltant que les Français ne sachent même pas que ces événements se sont produit dans leur propre pays, dans leur propre ville. Et là, je fronce un peu les sourcils. D’abord parce que je trouve un peu facile et abusif de faire ce portrait des Français d’aujourd’hui, qui n’apprennent que ce qu’on veut bien leur dire et quand on voit encore les non-dits sur des horreurs officielles plus récentes, on sait que le secret est la loi (surtout qu’on oublie aussi tous ceux qui savent, s’en rappellent et le disent). Quant aux Français de l’époque, je trouve un peu facile des les réduire à des collaborationnistes en puissance sous prétexte que des mères de famille subissant la guerre et les privations ont préféré donner un toit à leurs enfants plutôt que de se révolter contre un système qui était légal et qui leur était favorable. Je trouve toujours aussi facile d’accuser la police française d’avoir fait son travail dans un gouvernement militaire qui n’hésitait pas à fusiller les dissidents. Je ne dis pas que ce à quoi ils ont participé n’était pas grave: mais qui sommes-nous, dans un pays en paix, avec nos frigos pleins et nos droits, pour juger des réactions de ceux qui n’avaient pas cela ? Evidemment qu’il faut des Nelson Mandela pour faire avancer le monde, mais est-ce parce que l’on n’a pas eu la force d’en être un que cela fait de nous un coupable sur qui crier haro? Je trouve que ce roman manque cruellement de nuance, de remise en contexte et surtout, qu’il se trompe de coupable. Et le fait que ce jugement soit mis en lumière par une Américaine dans le roman a un petit côté “donneur de leçon” qui me semble tout à fait contre-productif si l’on veut réellement éveiller les consciences Françaises.
Un angle auquel je n'adhère pas du tout.

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dawn

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MessageSujet: Re: Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah   Dim 30 Mar - 12:44

Une nouvelle fois, Tatiana de Rosnay m'a touchée en plein coeur. J'aurais dû m'en douter, car c'est une des autrices favorites de ma partenaire Mylou. Elle s'attaque ici à un sujet douloureux, épineux : la France de l'Occupation et, surtout, la collaboration. Les policiers français qui ont arrêté les Juifs pour les entasser dans le Vél d'Hiv comme des bêtes. Le destin de Sarah et de sa famille, qui est aussi celui de milliers de Juifs.

J'ai adoré l'alternance des chapitres entre les événements de 1942 et ceux de 2002, qui rend le rythme de lecture très rapide et donne envie d'en savoir plus, tout de suite. Nous suivons Julia dans ses découvertes, nous creusons avec elle le passé et à la fois nous vivons l'enfance brisée de Sarah.

Tatiana de Rosnay a beau aimer les jolies histoires, elle ne nous ménage pas et ne sombre jamais dans le happy ending trop facile. Malheureusement pour nous, j'ai envie de dire, car de nombreux passages m'ont émue aux larmes. J'ai aussi pu retrouvr des thèmes qui lui sont chers, comme l'expatriation, le déracinement, ou encore les problèmes conjugaux. Comme un fil rouge.

Moi qui ai toujours peur des adaptations au ciné, je meurs d'impatience de voir celui-ci. Parce que, bien que le roman soit très fort et marquant, les images ont aussi leur poids. Comme Tatiana de Rosnay ne cesse de le rappeler, la France a parfois la mémoire courte et semble vouloir occulter une bonne partie de son histoire. C'est pour cela que les témoignages, de quelque sorte qu'ils soient, sont toujours aussi importants aujourd'hui.

Comme dirait Antoine de Caunes au Grand Journal : je vous le recommande chaudement Wink

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ONCE A POTTERHEAD, ALWAYS A POTTERHEAD

Ce que je lis.

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Cordelia
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MessageSujet: Re: Rosnay (de), Tatiana - Elle s'appelait Sarah   Sam 17 Jan - 17:33

Mon avis :
Julia est une américaine installée en France depuis 25 ans, elle est journaliste pour un journal principalement lu par les américains en France. Son patron lui confie un article pour la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv qui a eu lieu le 12 juillet 1942. En faisant ses recherches, elle va « rencontrer » Sarah, une petite fille juive victime de cette rafle. Cette rencontre va bouleverser Julia ainsi que sa vie.

L’histoire est vraiment très prenante, suivre ce qui est arrivé à Sarah et à tous ces juifs qui ont été envoyés aux camps est vraiment très dur, mais très instructif. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les quelques jours où l’on découvre Sarah, quelque jours qui m’en semblé une éternité, je n’ose pas imaginer à quel point ces jours ont semblé long aux personnes qui ont eu le malheur de les vivre.
Parallèlement, on suit, non seulement l’enquête, mais la vie de Julia qui se retrouve dans une situation difficile mais qui va au bout de ses convictions.
L’histoire est bien montée, bien documentée et bien travaillée. Tout est réfléchi dans ce roman, rien n’est laissé au hasard, ce qui donne un roman bien ficelé et bien fini. Parfois en refermant un livre, j’ai une sensation de pas fini, de manquement, ce qui n’est absolument pas le cas ici car j’ai la sensation que l’auteur allée, grâce à un excellent travail, au bout de son idée.

J’ai vraiment beaucoup aimé Julia, c’est typiquement le genre de femme que j’adore. Une femme qui ose aller au bout de ses convictions même si cela lui coûte. Elle aurait très bien pu faire son article puis plus rien, mais non elle voulait en savoir plus, et tout en sachant que son mari était contre, elle n’a pas pu renoncer.

J’ai beaucoup plus de mal avec Bertrand qui pour moi est un personnage odieux. Non seulement, il rabaisse sa femme constamment avec ses remarques mais, en plus, il lui impose ses choix, allant jusqu’à lui mettre des ultimatums. Et lorsque qu’on arrive plus loin dans l’histoire, on se demande comment il a pu oser lui mettre ces ultimatums (bon là je ne suis pas clair mais c’est pour ne pas spoiler).

C’est le second roman de cette auteure que je lis et j’ai retrouvé l’écriture agréable qui m’avait tant plus la première fois. Tout en étant que j’ai trouvé ce roman ci plus aboutit que le premier que j’ai lu.
Tout est juste dans ce roman, le ton, le langage, les sentiments qui se dégagent de l’écriture et le travail réalisé par l’auteur est magnifique. Elle nous offre une histoire remplie de sincérité qui ne peut que nous toucher.


Dans l’édition du Livre de poche il y a, à la fin, une interview de Serge Joncour et de Tatiana de Rosnay très intéressante.

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